<p>Copyright Yanaël Plumet</p>

D’abord le rapport au corps.
Le corps comme véhicule d’expérience, comme espace de sensation, comme réceptacle, comme machine désirante, comme gouffre de mémoire ; le corps comme empreinte, comme filtre du temps, comme territoire en mutation, comme lieu unique qui me sépare et m’appelle vers l’autre. Le corps comme appareil humain dont le mouvement est la première éloquence.


La danse donc.
Un facteur exponentiel dans le spectre de ma perception qui façonne mon approche du réel et de l’autre ; une mise en écoute des correspondances qui ouvrent la perspective du dehors et du dedans. Bruissement de l’intime, conquête de l’espace, ferveur sociale ou prière immobile, elle filtre et organise par le corps les impacts du monde.

Le monde comme un chaos généreux.
Il s’ouvre en palimpseste à la fenêtre des sens. La puissance sourde des éléments et leur leçon de constance dans le changement. Le jaillissement de l’interdépendance des forces. La déflagration de l’Ici et de l’Ailleurs par la promesse de tous les voyages. L’Autre, miroir sans tain à la croisée de tous les carrefours.

L’improvisation telle une évidence.
Comme un principe premier enfoui au cœur de toute connaissance, elle sème et récolte ce champ de fréquences où se tisse le flux incessant de tous les possibles, où le monde au présent se participe à la croisée de l’espace-temps.

A travers les différents contextes qui peuplent le parcours, performance, enseignement et recherche orientent la courbe du trajet où le corps comme territoire trouve son relief à l’appui du voyage.

Ce terrain d’échange entre corps et environnement, ce qui s’y puise et ce qui s’y dépose dans la dynamique qui s’instaure m’intéressent. La forme devient une incidence pratique, l’emprunt esthétique une résolution de chaque instant.

Istanbul, février 2008
revu à Brengues, août 2011